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Alessandro Palmieri
 
 
 
 
 
Le strenne degli orfani Les étrennes des orphelins
traduzione di di Arthur Rimbaud
Alessandro Palmieri  
   
   
   
   

I

La stanza è piena d'ombra e vagamente
di due fanciulli s’ode il mormorio.
Chinata hanno la fronte, il sogno è greve,
sotto la tenda che trema e si leva.

 - Gli uccelli intirizziti stanno stretti;
le ali intorpidiscono nel cielo;
e l'Anno nuovo, con la scia brumosa,
la veste con la neve strascicando,
sorride, piange e canta con tremore...

II

Sotto la tenda viva i due bambini
parlano piano, come a notte fonda.
Ascoltano, pensosi, un mormorio...
sussultano alla chiara voce d'oro
del timbro del mattino, che, ostinato,
il ritmo batte sul globo di vetro...
- La stanza è fredda... e sparsi tutt’intorno,
dei vestitini neri stanno in vista:
il vento aspro geme sulla soglia
e l’alito suo triste soffia in casa.
Si sente, certo, che manca qualche cosa...
- Non hanno, questi fanciullini, madre

dal fresco riso e dallo sguardo fiero?
Dimenticato ha, a sera, sola e china,
la fiamma d’attizzare nel camino,
e stendere la lana ed il piumino
sopra i suoi figli e chiedere perdono...
Non ha previsto il freddo del mattino?
Non ha sbarrato l'uscio al vento freddo?...
- Il sogno di una madre è il tappeto,
il nido cotonato dei fanciulli,
che stretti come uccelli dentro al nido,
dormono un sonno dolce e inebriante!...
- e questo è un nido freddo e senza piume,
dove i piccini tremano dal freddo;
un nido reso gelido dal vento...
 

III

Son bimbi senza madre, e lo sapete,
non c’è la madre in casa! - e manca il padre!...
- Ne ha preso cura una vecchia serva.
I bimbi sono soli nella casa;
Orfani a quattro anni, nella mente
si sgrana lentamente un bel ricordo...
come un rosario, allorché si prega:
- Che bel mattino quello delle strenne!
Di notte, ognuno vide i doni in sogno,
un sogno popolato di balocchi,
confetti in carta d'oro e bei gioielli,
e il turbinio stordente di una danza,
Fuggire fra le tende e riapparire!
Svegliarsi presto e alzarsi poi gioiosi,
sfregando gli occhi, con la voglia in bocca.
Andavano, i capelli ingarbugliati,
lo sguardo acceso delle grandi feste,
sfiorando lievi il suolo con i piedi,
dei genitori a battere la porta...
Entravano in pigiama!... quanti auguri…
i baci a mille e l'allegria concessa!
 

IV

Ridir quelle parole era bello!

- Ma quella casa ormai com'è cambiata:
un fuoco scoppiettava nel camino,
tutta la stanza n’era illuminata,
ed i riflessi poi dal focolare,
sopra il mobilio amavano danzare...
- L'armadio senza chiavi!... Senza chiavi!
La porta bruna e nera si guardava...
senza più chiavi!... e si fantasticava
di quei misteri nei fianchi di legno,
e udire si sentiva dalla toppa
brusio lontano e vago poi un sussurro...
- Dei genitori è vuota quella stanza:
Nessun riflesso spunta dalla porta;
Chi genitor non ha, chiavi, camino:
non ha più baci, né dolci sorprese!
Un Capodanno triste sarà questo!
- E mentre mute scendono dagli occhi

lacrime amare, loro pensierosi
si chiederanno: "Quando torna mamma?"


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V

Dormono i due fanciulli tristemente:
un pianto sembra quasi il loro sonno,
grande è l’affanno e gonfi hanno gli occhi!
È tenero il cuore dei bambini!
- L'angelo arriva ad asciugare gli occhi
e dentro al sonno mette un sogno lieto,
al punto che la bocca semichiusa
in un sorriso pare dir qualcosa.
- Sognano che, sopra il braccino tondo,
loro, al risveglio, sporgono la fronte
e il loro sguardo vaga tutto intorno...
mentre a dormire stanno in paradiso...
Nel caminetto scoppia e canta il fuoco...
dalla finestra filtra un cielo blu;
di raggi s’ubriaca la natura...
felice di rivivere la terra,
ha fremiti di gioia sotto il sole...
Tutto è vermiglio e caldo nella casa:
a terra più non sono i vestitini,
Il vento freddo è fermo sulla porta...
è come se passata sia una fata!...
- gridato hanno ‘là’ felici i bimbi;
sul letto della madre un raggio rosa,
sopra il tappeto, splende qualche cosa:
d’argento son medaglie nere e bianche;
di giada e madreperla impreziosite,
Corone son di vetro e cornicette,
Con tre parole in oro: "A NOSTRA MADRE!"

I

La chambre est pleine d'ombre; on entend vaguement

De deux enfants le triste et doux chuchotement.

Leur front se penche, encore alourdi par le rêve,

Sous le long rideau blanc qui tremble et se soulève...

- Au dehors les oiseaux se rapprochent frileux;

Leur aile s'engourdit sous le ton gris des cieux;

Et la nouvelle Année, à la suite brumeuse,

Laissant traîner les plis de sa robe neigeuse,

Sourit avec des pleurs, et chante en grelottant...

 

II

Or les petits enfants, sous le rideau flottant,

Parlent bas comme on fait dans une nuit obscure.

Ils écoutent, pensifs, comme un lointain murmure...

Ils tressaillent souvent à la claire voix d'or

Du timbre matinal, qui frappe et frappe encor

Son refrain métallique et son globe de verre...

- Puis, la chambre est glacée... on voit traîner à terre,

Épars autour des lits, des vêtements de deuil:

L'âpre bise d'hiver qui se lamente au seuil

Souffle dans le logis son haleine morose!

On sent, dans tout cela, qu'il manque quelque chose...

- Il n'est donc point de mère à ces pettits enfants,

De mère au frais sourire, aux regards triomphants?

Elle a donc oublié, le soir, seule et penchée,

D'exciter une flamme à la cendre arrachée,

D'amonceler sur eux la laine de l'édredon

Avant de les quitter en leur criant : pardon.

Elle n'a point prévu la froideur matinale,

Ni bien fermé le seuil à la bise hivernale?...

- Le rêve maternel, c'est le tiède tapiis,

C'est le nid cotonneux où les enfants tapis,

Comme de beaux oiseaux que balancent les branches,

Dorment leur doux sommeil plein de visions blanches!...

- Et là, - c'est comme un nid sans plummes, sans chaleur,

Où les petits ont froid, ne dorment pas, ont peur;

Un nid que doit avoir glacé la bise amère...

 

III

Votre coeur l'a compris : - ces enfants sont sans mère.

Plus de mère au logis ! - et le père est bien loin!...

- Une vieille servante, alors, en a priis soin.

Les petits sont tout seuls en la maison glacée;

Orphelins de quatre ans, voilà qu'en leur pensée

S'éveille, par degrés, un souvenir riant...

C'est comme un chapelet qu'on égrène en priant:

- Ah ! quel beau matin, que ce matin dees étrennes!

Chacun, pendant la nuit, avait rêvé des siennes

Dans quelque songe étrange où l'on voyait joujoux,

Bonbons habillés d'or, étincelants bijoux,

Tourbillonner, danser une danse sonore,

Puis fuir sous les rideaux, puis reparaître encore!

On s'éveillait matin, on se levait joyeux,

La lèvre affriandée, en se frottant les yeux...

On allait, les cheveux emmêlés sur la tête,

Les yeux tout rayonnants, comme aux grands jours de fête,

Et les petits pieds nus effleurant le plancher,

Aux portes des parents tout doucement toucher...

On entrait! Puis alors les souhaits... en chemise,

Les baisers répétés, et la gaieté permise!

 

IV

Ah! c’était si charmant, ces mots dits tant de fois!

- Mais comme il est changé, le logis d''autrefois:

Un grand feu pétillait, clair, dans la cheminée,

Toute la vieille chambre était illuminée;

Et les reflets vermeils, sortis du grand foyer,

Sur les meubles vernis aimaient à tournoyer...

- L'armoire était sans clefs ... sans clefs, la grande armoire!

On regardait souvent sa porte brune et noire...

Sans clefs!... c'était étrange ... on rêvait bien des fois

Aux mystères dormant entre ses flancs de bois,

Et l'on croyait ouïr, au fond de la serrure

Béante, un bruit lointain, vague et joyeux murmure...

- La chambre des parents est bien vide,, aujourd'hui:

Aucun reflet vermeil sous la porte n'a lui;

Il n'est point de parents, de foyer, de clefs prises:

Partant, point de baisers, point de douces surprises!

Oh! que le jour de l'an sera triste pour eux!

- Et, tout pensifs, tandis que de leurss grands yeux bleus,

Silencieusement tombe une larme amère,

Ils murmurent: "Quand donc reviendra notre mère?"

 

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V

Maintenant, les petits sommeillent tristement:

Vous diriez, à les voir, qu'ils pleurent en dormant,

Tant leurs yeux sont gonflés et leur souffle pénible!

Les tout petits enfants ont le coeur si sensible!

- Mais l'ange des berceaux vient essuyeer leurs yeux,

Et dans ce lourd sommeil met un rêve joyeux,

Un rêve si joyeux, que leur lèvre mi-close,

Souriante, semblait murmurer quelque chose...

- Ils rêvent que, penchés sur leur petiit bras rond,

Doux geste du réveil, ils avancent le front,

Et leur vague regard tout autour d'eux se pose...

Ils se croient endormis dans un paradis rose...

Au foyer plein d'éclairs chante gaiement le feu...

Par la fenêtre on voit là-bas un beau ciel bleu;

La nature s'éveille et de rayons s'enivre...

La terre, demie-nue, heureuse de revivre,

A des frissons de joie aux baisers du soleil...

Et dans le vieux logis tout est tiède et vermeil:

Les sombres vêtements ne jonchent plus la terre,

La bise sous le seuil a fini par se taire...

On dirait qu'une fée a passé dans cela!...

- Les enfants, tout joyeux, ont jeté deeux cris... Là,

Près du lit maternel, sous un beau rayon rose,

Là, sur le grand tapis, resplendit quelque chose...

Ce sont des médaillons argentés, noirs et blancs,

De la nacre et du jais aux reflets scintillants;

Des petits cadres noirs, des couronnes de verre,

Ayant trois mots gravés en or: "A NOTRE MERE!"